Venez vivre la vie d'un Sorcier 200 ans après Harry Potter ! Le monde de la Magie est sur le point de s'effondrer... Ekrizdis, Mage Noir créateur d'Azkaban semble se réveiller progressivement pour devenir de plus en plus réel...
 
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Le début des ennuis (Libre)

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Remus J. Agrippa
Directeur de Poudlard
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Maison : Ancien Serdaigle
Métier/Année : Directeur de Poudlard
Patronus : Aigle huppard
Mar 24 Jan - 16:45


Le soleil se couchait progressivement dans le Bureau du directeur. Il éclairait encore faiblement la pièce circulaire plongée dans la pénombre. Divers instruments étaient posés sur le bureau. Il était beaucoup moins bien ordonné que du temps d'Albus Dumbledore. Des parchemins étaient entassés sur le bureau de manière désordonnée. De la poussière s'élevait un peu partout, et quelques objets étaient même renversés sur le sol. Mais pour Remus Agrippa s'était parfaitement normal. Chaque chose avait pour lui une place précise, et il savait exactement quel elfe était venu nettoyé son bureau. Il le savait simplement parce que la poussière laissée toujours des traces d'une extrême précision. Tout le contenu de son bureau était en permanence fixé dans sa mémoire, et il suffisait qu'un objet soit déplacé pour que Remus sache qu'on était venu. Mais ce soir là, ça n'avait pas d'importance. Demain, ce serait la rentrée, et de nombreux élèves afflueraient vers Poudlard. Cette année risquait d'être une des plus sombres qu'il eut connu, même peut être pire que la Révolte des sangs-purs. Le Ministère lui avait envoyé tout un bataillon d'Auror, pour protéger Poudlard. Mais il savait également que certains avaient pour objectif de l'espionner lui. Cet idiot de Walden Nott, actuel Ministre de la Magie pensait qu'il tentait encore d'arrêter l'Echiquier vers son ascension fulgurante. Entre nous soit dit, c'était entièrement vrai, mais si il voulait accomplir cette tâche, il n'avait nul besoin d'une nourrice et de tout un bataillon d'espion. Déjà, cette année, il savait qu'il aurait en plus des espions du ministères, des Fous envoyés par l'Echiquier. Plusieurs postes de professeur avaient été pourvu, et le Conseil d'Administration avait refusé toutes les propositions d'intégration de Remus. Ils voulaient des têtes neuves, mais cela indiquait très clairement qu'ils voulaient placés précisément certains professeurs eux-même. Il devrait être vigilant. Lui même ne gardait son poste que parce que le Ministre de la Magie ne voulait pas que la communauté des Sorciers se retournent contre lui. Agrippa était aujourd'hui un symbole, qui avait déjà sauvé le monde magique plusieurs fois. Walden Nott n'était pas stupide au point de diviser sa côte de popularité par deux. Pendant qu'il réfléchissait, Remus s'adonnait à un de ses passes temps favoris : le violoncelle. Il était assis sur une chaise d'habitude réservée aux invités ou aux personnes convoqués. Alors que les notes défilaient sous les portraits des anciens directeurs qui l'écoutaient avec attention, son cerveau lui, était en ébullition. A qui faire confiance cette année? Par où commencer pour diminuer l'Echiquier depuis Poudlard. Plusieurs théories fusaient dans sa tête, toutes aussi farfelues les unes que les autres. Son archer dansa encore de longues minutes sur les cordes du violoncelle. Inconsciemment il jouait de plus en plus fort. Son esprit était désormais fixé sur une personne. La femme, comme il aimait l'appeler. Elle l'avait manipulé, et Merlin savait à quel point c'était difficile. Il avait laissé son coeur parler à la place de son cerveau pour la première fois de sa vie, et ca avait été une erreur fatale. Mais plus jamais on ne l'y reprendrait. C'était fini, désormais, il resterait seul. Il ne fallait pas risquer de mettre ses plans et ses secrets en péril une nouvelle fois. Pour écarter ses pensées de son esprit, il cessa de jouer, fit disparaître le violoncelle d'un coup de baguette, passa de l'autre côté du bureau. Avec un mouvement précis et doux, il plaça la pointe de sa baguette sur sa tempe et un filament argentée en sorti. Il le déposa dans la Pensine, et fut soudain plus libéré. Il avait l'esprit totalement vide, et s'était rare. Il en somnola légèrement, mais les bruits qui cognaient le heurtoir le firent sortir de sa torpeur.
Trois coups secs, mais pas agressif. Typique d'une femme, qui était déterminé à le voir la veille de la rentrée. Une élève, ou un enseignante peut être? Après tout, certains arrivés pour raisons personnelles quelques jours avant la rentrée. Il posa sa baguette sur le bureau, à porté de main, rangea la bassine de pierre couverte de rune, puis revint s'asseoir. Il fit toucher toutes les extrémités de ses doigts, et prononça d'une voix neutre et détachée :

Entrez.

Et la porte s'ouvrit.

“Merci Phineas, silence.”
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Emily H. Londubat
élève de Serdaigle - Préfète
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Maison : Serdaigle
Métier/Année : 6ème année
Patronus : Loup
Jeu 26 Jan - 20:47

   
   Le début des ennuis

   Avec Remus J. Agrippa

   Clac.
Clac.
Clac.

Les couloirs étaient déserts à cette heure. Par ailleurs, l'école entièrement déserte à vrai dire. A part elle-même et Susan, ainsi que les enseignants et certains autres élèves qu'elle n'avait pas eu la malchance de croiser, le collège Poudlard était vide.

Clac.
Clac.
Clac.

Ses talons n'étaient pourtant pas bien haut, mais ils rythmaient chacun de ses pas qui la menait vers le bureau du directeur de Poudlard, résonnant dans les couloirs silencieux et déserts de l'école. Il était déjà tard mais elle avait dormit toute la journée, ne se réveillant qu'une petite heure auparavant, à peine le temps pour Emily de reprendre pied dans la réalité, de se laver, s'habiller, manger un petit truc dans la Grande Salle pour se restaurer avant de prendre la direction du bureau du directeur.

Emily était arrivée un peu plus de 24h plus tôt à Poudlard. Cette année, la pleine lune tombait juste l'avant-veille de Poudlard et ses parents avaient donc décidés, pour ne pas avoir à se coltiner cette épreuve, de l'envoyer à Poudlard où elle ne dérangerait personne. La jeune femme aurait pu s'en formaliser, mais enfin de compte, cela l'arrangeait plutôt. Entendre ses parents râler avant comme après ses transformations comme si c'était eux qui supportait ces métamorphoses, les entendre se plaindre comme si c'était eux dans les muscles et les os se tordaient et s'allongeaient à chaque pleine lune, les entendre souffler de frustration comme si c'était eux qui mourraient d'envie d'avoir le goût du sang dans la bouche sans jamais être rassasiés... Cela lui donnait des envies de meurtres. S'épargner une double-épreuve pour la simple douleur était plutôt une bonne nouvelle. En réalité, le seul hic dans cette affaire, c'était Susan. Histoire de s'éviter des tracas inutiles, leurs parents avaient décidés de les expédier à Poudlard toutes les deux en même temps. Et cela, Susan lui avait bien fait comprendre qu'elle ne l'appréciait, lui signalant son égoïsme et son égocentrisme au passage. Des mots auxquels Emily n'avait répondu qu'avec un sourire, un compliment sur sa clairvoyance envers sa propre personne et la menace de la déchiqueter vivante si elle venait encore à se plaindre. L'incapacité de Susan à comprendre les raisons d'Emily à garder le silence sur sa lycanthropie était véritablement très avantageux.

Emily avait donc passée la nuit dernière à gambader dans la salle sur demande et, puisqu'elle n'avait pas cours aujourd'hui, veille de rentrée, elle avait décidé de garder la potion revigorante pour le lendemain et de profiter de cette occasion pour dormir de tout son saoul. Elle n'avait simplement pas prévu que cette sieste durerait dix heures... En plus du fait de pouvoir se transformer en paix, être à Poudlard avant la rentrée avait un autre avantage. Malgré les efforts de ses parents, la Serdaigle avait refusé d'abandonner ses options en leur opposants les arguments les crédibles qu'elle avait en réserve comme le fait d'avoir des connaissances dans tous les domaines pour des raisons professionnelles, si jamais les départements de la justice et des sports ne voulaient pas d'elle, ou le fait qu'en étant bien vue, la côte de la famille augmenterait. Mais outre le fait qu'elle souhaitait garder ces deux options, il y en avait une autre qui l'intéressait. A l'époque, elle n'avait pas osé demander trois options, mais elle avait suivit les cours d'études de runes d'une amie. Avec les leçons d'astronomie et de botanique retirés de son emploi du temps, elle espérait que le temps libre récupéré serait un argument de plus à donner à la direction pour pouvoir suivre les cours d'étude des runes.

Elle trouvait cette matière vraiment intéressante, d'après ce qu'elle en avait lu, à défaut d'être passionnante. Il y avait tout un univers de magie runique qui s'ouvrait avec ces connaissances. Mais outre son intérêt pour les différentes formes de magie, cette matière était essentielle pour quiconque souhaitant devenir briseur de sort ou enchanteur de métaux. Elle ignorait encore, pour le moment, si c'était vraiment un métier dans lequel elle se lancerait, mais elle voulait avoir cette porte ouverte pour bien faire ses choix et non pas les écarter par défaut. Pour cela encore fallait-il qu'elle est officiellement suivit cette matière, qu'elle figure dans ses ASPICS à défaut de ses BUSES. Mais peut-être le directeur aurait-il une solution pour ses BUSES... Elle se devait donc de régler cette question avec lui avant que l'année scolaire ne commence, que les programmes ne soient fixés définitivement...

La jeune femme arriva rapidement devant la tour qui menait à son bureau, en grimpa deux marches avant que l'escalier ne la mène jusque devant la porte du directeur. Après avoir jeter un coup d'oeil au griffon doré qui lui paraissait quelque peu tape-à-l'oeil, la jeune femme se posa devant la porte. Avant de frapper, elle s'examina rapidement dans son poudrier, dégageant une mèche qui s'était échappé de son chignon. Sa tenue était sobre, une robe de sorcière classique, pas de coiffure sophistiqués, une paire de boucle-d'oreilles pendantes en argent sans artifices, quelques touches de maquillages pour dissimuler subtilement la fatigue qui n'avait pas encore disparu de son visage. Satisfaite de ce qu'elle voyait, Emily rangea son poudrier dans sa poche et frappa trois coups secs avant d'attendre la réponse... Une réponse qui tarda à arriver. Pendant quelques secondes, la Londubat se demanda si le directeur ne s'était pas retiré dans ses appartements et donc ne pouvait l'entendre. Elle s’apprêtait à frapper de nouveau, mais plus fort cette fois-ci, quand une voix s'éleva derrière la porte pour l'inviter à entrer.

Dégageant de nouveau la mèche devant son visage, la jeune femme ouvrit la porte pour entrer dans la pièce, la refermant soigneusement derrière elle avant de s'approcher du bureau du directeur. Ce dernier s'y trouvait, assis sur son fauteuil, ses doigts joint dans une position qui se voulait sereine et sérieuse. Une jolie mise en scène songea Emily en s'approchant. L'image même du patriarche qui veille en ces lieux, la position du juge suprême. Emily y aurait probablement été sensible si elle n'en avait pas aussi souvent eu l'habitude et si elle n'avait pas le réflexe d'analyser ses interlocuteurs. Avait-il souhaité impressionner son invité inopportun ou souhaitait-il adopter une allure solennel et innocente malheureusement surjouée parce qu'il faisait quelque chose qu'il ne voulait pas qu'elle sache avant qu'il n'arrive? Elle ne l'avait manifestement pas réveillé puisqu'il ne semblait pas essouffler d'être arrivé là et son visage ne semblait pas particulièrement marqué. Les tas de paperasses sur son bureau suggérait qu'il était en plein travail mais Emily en doutait. Quand on avait à ce point-là du travail à faire, on ne laissait pas dix secondes lui échapper, on terminait ce qu'on avait commencer... A moins qu'il n'est fait cela avant qu'elle n'entre ce qui expliquerait l'attente, son ton calme et sa pose qui serait alors plus naturelle.

Tout en s'approchant, Emily avait salué le directeur :

- Bonsoir professeur Agrippa. J'espère que je ne vous dérange pas. J'aurais aimé vous demander une faveur avant que les cours ne débute.

   
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Remus J. Agrippa
Directeur de Poudlard
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Maison : Ancien Serdaigle
Métier/Année : Directeur de Poudlard
Patronus : Aigle huppard
Jeu 26 Jan - 22:16


Remus ferma les yeux un instant. La minute avant qu'elle n'entre, il se concentra à son maximum. Tac, tac, tac. Il s'agissait sûrement d'une élève. Le pas sûr et déterminé, elle semblait parfaitement savoir ce qu'elle voulait. Cependant, une légère faiblesse sur l'avant dernière marche, qui était la plus usée de tous lui suggéra qu'en réalité, elle était également fatigué. C'était un don, mais aussi une malédiction que Remus avait là. Très peu de détail lui échappait, et il se délectait de pouvoir y lire comme dans un livre sans fin. La porte pivota légèrement, et il se dépêcha de se placer en position neutre. Celle là serait parfaite. La position impressionnante. Si c'était un première année, il allait le terroriser. Génial.
Il reconnut la jeune Londubat, et lorsqu'il l'a vit, son comportement changea du tout au tout. C'était juste elle. Il n'avait plus besoin de cette mise en scène. Il délia ses mains, puis mit son fauteuil de profil. Il l'observa, tout en faisant tournoyer devant lui d'un air rêveur un objet sphérique et métallique, qui émettait des cliquetis bizarres. Puis, brusquement, ses yeux de faucons se posèrent sur l'élève de sixième année et commencèrent à parcourir son visage et son corps à une vitesse impressionnante. Cheveux ternes, mais reprit en chignon. Maquillage léger, pour ne pas révéler l'évidence d'une fatigue réelle. Pli marqué sur le bras gauche, montrant clairement une position allongée prolongée.
Cette élève était fatiguée, la pleine lune était il y a quelques temps, il le savait. Il devinait cependant que si elle avait fait l'effort de se déplacer jusqu'à lui, c'était que sa demande devait être assez pressante, voir immédiate. Son regard redevint vague et la lueur de l'aigle dans ses yeux disparut. Il lui indiqua le fauteuil en face de lui, et s'apprêta à lui répondre, mais autre chose attira son attention. Un crépitement sonore se fit entendre dans la cheminée derrière lui, suivit il le savait du visage d'Abraham Agrippa, son frère qui flottait au milieu des flammes. Il ferma les yeux, et dans cette position de profil, il observa la fenêtre, ne regardant en réalité ni Emily, ni son frère.

- Par Merlin, quel foutoir ce bureau. Tu fais honneur à la profession visiblement Remus.


Le ton d'Abraham était sarcastique. Il savait qu'il se moquait de lui, que c'était de la pur dérision. Du temps de Dumbledore, le bureau n'avait jamais été comme ça songea-t-il en observant son portrait lui faire un clin d'oeil. Il l'avait placé exprès au dessus de la cheminée pour que son frère n'y ait pas accès.

- Je ne suis pas seul Abraham, j'ai une élève avec moi...


Il s'écarta pour laisser entrevoir l'élève d'un geste nonchalant. Un sourire se dessina alors sur le coin de ses lèvres. Il savait qu'Abraham était en mauvaise posture. Il s'agissait de la nièce de la Ministre en personne. Cependant, il savait aussi que son frère était loin d'être stupide, et qu'il allait très bien se sortir de cette situation, ce qu'il fit avec brio.

- Oh, bonjour Mademoiselle Londubat je vous souhaite le bonsoir,
déclara-t-il d'un ton légèrement ampoulé mais strict. J'espère que mon frère ne vous importune pas de trop, il a tendance à négliger quelques aspects élémentaires de son travail et...

Remus leva la main d'un geste agacé pour couper la parole à son frère et observant toujours la fenêtre, il poursuivit d'un ton sec.

- Viens-en aux faits s'il te plait Abraham.


Faisant une moue caractéristique, il poursuivit d'un ton extrêmement calme et posé.

- Le Ministre de la Magie me demande si tu as reçu le hibou concernant son invitation à dîner avec lui. Cela fait une semaine, et tu n'as répondu à aucun de ses messages.


- Il n'a qu'à utiliser cette même cheminée pour communiquer.


- Oh il a essayé, mais à chaque fois il s'est retrouvé devant l'aimable portrait du Professeur Rogue que tu avais placé sur un chevalet pour prendre les messages et masquer ton bureau...

- Ah? Vraiment? Oui ça m'arrive de m'absenter...


Il pivota légèrement sur son fauteuil et adressa un léger clin d'oeil à Emily. C'était très drôle de mettre le Professeur Rogue à cette place. Il n'était pas bavard , il était fidèle au directeur en place, plus que les autres et en plus il était très désagréable avec ses interlocuteurs. Le choix parfait pour accueillir le Ministre dans sa cheminée.

- Ecoute Abraham, j'ai une affaire importante à régler ce soir. Je lui répondrais demain, promis. Mais la prochaine fois, dit lui d'utiliser un autre messager, celui là n'est pas bien plus beau qu'un Hibou déplumé.



- Très spirituel Remus. Je lui transmets donc le message, bien qu'étant le Secrétaire Générale et le Responsable du Département des Mystères, ce n'est pas trop mon rôle. Mais personne ne semble se porter volontaire... Enfin soit, n'oublie pas, ce soir on dîne chez Papa. A tout à l'heure.


Dans un autre crépitement, il disparut. Remus contemplait toujours l'extérieur. "On dîne chez Papa" était un code. Abraham détestait manger en compagnie de son père et il le savait. C'était le code qu'il s'était donné pour se donner rendez-vous dans la Cabane Hurlante, pour pouvoir discuter sans être entendu. Il avait donc quelque chose d'important à lui dire... Il avait l'air pressé également, ce qui était inhabituelle... Soudain, il se rappela qu'il n'était pas seul, puis d'une voix calme, sereine et sincère qui n'avait rien à voir avec celle avec laquelle il s'était adressé à son frère, il déclara :

- Vous désirez me voir Emily? Comment vous sentez-vous? Ne faîtes pas attention à cet imbécile. En tant que Haut-Fonctionnaire il se croit toujours chez lui...


“Merci Phineas, silence.”
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Emily H. Londubat
élève de Serdaigle - Préfète
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Maison : Serdaigle
Métier/Année : 6ème année
Patronus : Loup
Sam 28 Jan - 20:11
Spoiler:
 



   
   Le début des ennuis

   Avec Remus J. Agrippa

   Le directeur abandonna presque instantanément l'attitude qu'il voulait digne et intimidante en la reconnaissant, se détendant d'une telle manière qu'Emily en haussa les sourcils brièvement les sourcils devant tant de nonchalance. Il était directeur d'une des écoles les plus prestigieuses d'Europe ou l'un de ses camarades de 4ème année en grosse période de flemme? Son haussement de sourcils ne dura, cependant, qu'une seule seconde alors que le directeur faisait tournoyer un objet probablement magique autour de lui. Un vrai gamin. Comme s'il avait entendu ses pensées, le regard du professeur Agrippa se planta dans le sien, la détaillant rapidement d'un œil acéré. Peu importait l'opinion que son père avait du directeur, Emily devait lui reconnaitre une chose, il avait un certain charisme sans aucun doute. Elle comprenait que le petit peuple puisse avoir confiance en lui et le porter aux nus, après tout, il restait un grand sorcier malgré son manque évident de professionnalisme. Nul besoin de le voir faire mumuse avec un boule ou de le voir abandonner sa mise en scène d'un air presque déçu comme à un enfant dont on vient de voler la fin d'une blague, pour le savoir, il suffisait simplement de voir l'état de son bureau qui dénotait d'un sérieux manque d'organisation. Et il était directeur de Poudlard...

La jeune femme alla s'assoir dans le fauteuil que le professeur Agrippa lui désignait quand une voix prononça tout haut ce qu'elle pensait tout bas... quoi que moins familièrement. Foutoir, vraiment? Ce vocabulaire était-il digne d'un haut-fonctionnaire de l'état? Le manque de professionnalisme semblait être une caractéristique familiale... Emily n'émit, cependant, pas le moindre commentaire. Après tout, Mr. Agrippa ne s'attendait certainement pas à ce qu'une élève se trouve dans le bureau de son frère la veille de la rentrée. C'était une visite pour le moins inattendue, Emily en convenait. Alors que la directeur s'écartait pour présenter ladite élève à son frère, Emily esquissa naturellement un doux sourire, inclinant brièvement la tête envers lui, en signe de respect alors que Mr. Agrippa la saluait à son tour. Elle ne chercha, cependant, pas à le rassurer sur la capacité du directeur à être professionnel, même si elle partageait en partie cet avis. Cette remarque était purement rhétorique et davantage faite pour taquiner le directeur que pour qu'elle réponde. Patiemment, les lèvres fermées, son regard allait de l'un à l'autre, écoutant leur dialogue, notant le ton de leur voix, leurs regards, les tiques des mains. Le directeur n'était manifestement pas ravi d'entendre les commentaires taquins de son frère mais il lui rendait la pareille avec un plaisir évident.

Instinctivement, Emily répondit au clin d'oeil du directeur par un demi-sourire amusé. L'aura de cet homme faisait que l'on avait envie d'abonder dans ce sens. Mais la Londubat ne trouvait pas moins cette attitude d'une puérilité désolante. Avaient-ils tout deux conscience qu'ils parlaient de son oncle? Lui-même apprécierait-il que la Londubat insulte son frère en l'ignorant? ... Probablement s'en ficherait-il. Il n'était pas suffisamment noble pour avoir le sens de la famille. Aussi froid soit ses relations avec Susan, elle ne prendrait jamais le parti de quelqu'un qui chercherait à lui nuire. C'était une Londubat au même titre qu'elle. Encore fallait-il, cependant, que Susan accepte l'aide d'un monstre tel qu'elle.. qu'elle n'est aucune crainte qu'elle la dévore ou lui fasse un mauvais coup au passage. Que Susan soit incapable de la cerner n'avait pas que des bons côtés. Le professeur Rogue n'était pas un directeur qu'Emily estimait particulièrement. Son histoire était intéressante et l'avait même captivée quand elle était enfant, mais il n'avait pas tant fait que celui pour Poudlard. Il avait tenu son rôle d'agent-double jusqu'à la fin, et c'était admirable, mais s'il pouvait être considéré comme un grand homme et, éventuellement, un grand sorcier -un sorcier loyal en tout cas- il n'était certainement pas un grand sorcier. Rien à voir avec Phinéas Black ou Albus Dumbledore qui, malgré des opinions de bisounours, avait réellement fait tout ce qu'il pouvait pour protéger le collège. En vain, mais il avait essayé.

Peu importait, cette attitude, poser le portrait du professeur Rogue devant la cheminée, était vraiment digne d'un gamin de 12 ans. Indigne d'un sorcier digne de ce nom, indigne d'un directeur d'une des écoles les plus prestigieuses d'Europe et du monde. Emily laissa couler cependant. Si elle s'était amusée à courir après chaque enfant qu'elle avait croisé pour les faire grandir, elle ne serait pas là... Quoi que... elle prenait tout de même un malin plaisir à signaler ce genre de puérilité habituellement, aux gens qu'elle n'appréciait guère. Mais, là, il s'agissait du directeur de Poudlard, elle avait le respect de la fonction à défaut d'avoir de l'estime pour l'homme qui l'occupait. Elle garda donc sa remarque pour elle, notant au passage que le professeur Agrippa signalait à son frère avoir une affaire importante à régler ce soir. Etait-ce le rangement de son bureau ou cela avait-il un rapport avec la rentrée? Pour être franche, Emily jugeait les deux aussi importants l'un que l'autre, au vu de l'état du bureau, ce qui était quelque peu alarmant. Avoir un tel bazar avant même que l'année scolaire ne commence... ce n'était pas bon signe pour la suite. D'un air absent, Emily jeta un coup d'oeil au reste de la pièce, remarquant le choixpeau magique posé en haut d'un meuble, tout en écoutant attentivement ce qu'ils se disaient. Ses parents n'apprendraient probablement rien de nouveau de cette conversation, mais elle mettrait un point d'honneur à ne rien oublier, même si cela n'aurait probablement pas d'autres effets que de faire baisser le directeur de Poudlard dans l'estime de ses parents. Encore.

Enfin, Mr. Agrippa se retira, laissant le directeur seule avec elle, ce que ce dernier mit quelques secondes à se rendre compte, comme s'il avait oublié qu'elle était là. Oui, elle désirait le voir, oui elle allait bien, et oui elle concevait l'arrogance de son frère. Un trait de famille sans doute. La jeune femme esquissa un sourire joviale, illuminant son visage alors qu'elle répondait au directeur de Poudlard :

- Je vais très bien, merci. Je suis désolée de vous déranger au milieu de votre affaire importante, mais ça ne pouvait pas attendre demain. J'aimerais être inscrite aux cours d'Etude des Runes.

Connaissant les hypothétiques arguments que le directeur de Poudlard pouvaient à lui opposer, Emily le prit de vitesse, ne souhaitant pas passer par innombrables négociations.

- Officiellement, je suis ignare sur le sujet, mais en réalité, je suis les cours d'une amie qui suit cette matière depuis la troisième année. J'aurais besoin que ces connaissances soient reconnus officiellement si je souhaite devenir briseur de sort. Si c'est une question de temps à trouver, j'ai abandonné l'astronomie et la botanique pour me ménager du temps puisque ce sont des matières qui ne me passionnent pas. Et si c'est une question de sérieux, il vous suffit de regarder mon bulletin pour vérifier que je suis une élève des plus sérieuses, assidue en cours avec de très bons résultats. Je travaillerais avec mon amie pour récupérer l'hypothétique retard que j'ai pris.

   
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Remus J. Agrippa
Directeur de Poudlard
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Maison : Ancien Serdaigle
Métier/Année : Directeur de Poudlard
Patronus : Aigle huppard
Lun 30 Jan - 18:15


Remus se redressa sur son fauteuil et écouta l’élève avec attention. Il l’observait sans dire un mot, et ne la coupa à aucun moment. Il avait cependant remarqué qu’elle observait son bureau avec un œil étrange. Encore une personne à qui le désordre ne convenait pas. Les gens oubliaient que le monde s’était créé dans le chaos. D’ailleurs, chaque chose avait un place particulière sur le meuble qui trônait au milieu de cette salle. La gazette du Sorcier était ouverte avec pour couverture « Qui est ce Sorcier qui a dévasté le Chemin de Traverse la veille de la rentrée ? », elle occupait la place centrale, signifiant que c’était le sujet qui préoccupait le plus le directeur en ce moment. Des lettres du Ministres avec le sceau officiel étaient entassé sur le côté gauche du bureau, non loin de la poubelle. Une place de choix pour ce genre de papier. D’autres documents, cette fois-ci plus soignés que les autres se tenait à sa droite, signifiant qu’il y accordait beaucoup d’importance puisqu’en réalité ils étaient orientés vers sa main droite, celle qui se sert pour écrire. Enfin, le paquet écrasé de Dragées surprises de Bertie Crochue qui se trouvait proche d’Emily signifiait que la dernière fois qu’il avait plongé la main dedans, il était tombé sur goût vomi de Troll.
Visiblement, elle n’arrivait pas encore à identifier ce que signifiait chaque détails. C’était dommage, car Remus était convaincu que Mademoiselle Londubat était largement capable de ce petit jeu d’analyse. Il cligna deux fois des yeux, réfléchissant tout en l’écoutant. Lorsqu’elle eut terminé, il était revenu dans sa position mains jointes devant lui, et observait la jeune Serdaigle d’un air absent. Il finit par déclaré d’un ton amusé.

« Je connais très bien vos notes Mademoiselle Londubat, comme toutes celles de mes élèves et anciens élèves. Parfois c’est un fardeau, parfois un don, mais j’ai une excellente mémoire. Optimal dans la majorité des matières, A en Astronomie, Effort Exceptionnel en Soins aux Créatures Magiques et Botanique. »

Il l'observa avec attention et la dévisagea un long moment. Il décida de se lever, et d'un geste rapide et énergique s'orienta directement vers la fenêtre qui donnait à l'extérieur. Il se contenta d'un petit silence pour reprit toujours d'un ton très calme.

« Normalement il est d'usage que ce genre de sujet soit traité avec votre Directeur de Maison. De plus, nous sommes la veille de la rentrée, vous auriez plus formuler votre demande beaucoup plus tôt. Je me demande ce qui vous a fait changé d'avis concernant le sujet. Quoi qu'il en soit, sachez que l'Etude des Runes est une matière complexe, longue et difficile à l'apprentissage. Vous êtes en 6ème année. Je ne remets pas en doute votre capacité à apprendre par les livres, ce qui se fait très bien d'ailleurs pour l'Etude des Runes. Cependant je n'y vois pas d'opposition, puisqu'il s'agit d'une orientation pour une excellente carrière. Mais il y aura une condition à tout cela. Vous vous présenterez auprès du Professeur d'Etude des Runes, qui vous fera passé un examen. En fonction de votre niveau, vous serez rattaché à une classe et votre emploi du temps sera adapté. Si vous travaillez dur pour cette matière, ce que je ne remets absolument pas en doute, vous pourrez changer de classe, pour peut être rattraper la 6ème année vers Avril. Autrement dit, vous avez mon accord, mais les modalités devront être géré par votre Directeur de Maison, en coopération étroite avec le Professeur d'Etude des Runes. »

Il se retourna vers elle et plongea ses yeux d'un bleu profond dans les siens. Sa posture avait complétement changé, et la salle paraissait étrangement plus lumineuse. Des plies sur sa robe de Sorcier  bleue nuit se formèrent de manière étrange pour remonter jusqu'à son épaule. Il sembla un instant caresser quelque chose d'invisible, qui au bout de quelques secondes et de quelques câlins révéla Barry, son petit Demiguise. Les énormes yeux de la créature craintive était fixés sur Emily. Il resta un moment à attendre sa réponse. Observant alternativement le parc plongé dans l'obscurité et Emily. Il poursuivit avec un langage beaucoup moins informel.

« Ne vous surchargez pas non plus de travail. Votre condition de Loup-Garou peut vous épuiser et vous pouvez également vite arriver à un surmenage. Nous aurons besoin de toute l'énergie nécessaire des élèves de l'école cette année, surtout des Préfets. Votre oncle, qui est aussi le Ministre de la Magie, ne semble que trop peu se préoccuper de l'avenir réelle du monde magique. Nos avis ont souvent divergé mais il semblerait que nous soyons arrivé à un point de non-retour en la matière.  »

Il continua de la fixer. Il ne savait pas si Emily était réellement en affection pour son oncle. De toute manière, il n'avait de compte à rendre à personne, et c'était de notoriété public qu'ils avaient tous deux de nombreux différents. Il continua de la fixer et finit par déclarait d'un ton neutre en caressant Barry son Demiguise.

« Et vous, que pensez vous de cette situation? Oh, je sais que vous choisirez vos mots soigneusement, je commence à vous connaître. Mais votre avis m'intéresse grandement. Vous êtes élève dans cette école, et issue d'un famille est une des plus anciennes. J'aimerai connaître votre opinion. »

“Merci Phineas, silence.”
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Emily H. Londubat
élève de Serdaigle - Préfète
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Maison : Serdaigle
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Mar 31 Jan - 3:41

   
   Le début des ennuis

   Avec Remus J. Agrippa

    Un fardeau. Elle était bien bonne. Il se lançait des roses et prétendait ensuite devoir difficilement avec. Fallait-il donc qu'elle ajoute la fausse modestie à sa longue liste de défauts? Parce que, pour le moment, à part son charisme et un certain talent à jouer de la baguette, Emily ne voyait nulle qualité chez cet homme. Certains aurait peut-être ajouté son humour, mais au vu de la puérilité de ces vannes, la Londubat n'était pas certaine que ce soit vraiment une qualité. Peut-être avec les simples d'esprit. Mais cela aurait été se rabaisser elle-même. Son aura rendait son humeur contagieuse. N'avait-elle pas sourit quand il lui avait fait une œillade? Cela ne rendait pas son humour moins pitoyable mais son charisme le faisait oublier durant quelques secondes. Emily était prête à parier qu'il avait réussit à embobiner bien des gens grâce à cela, avec une facilité qui avait du surprendre bien des gens, à commencer par les personnes qui s'étaient faites avoir. La jeune femme n'était pas suffisamment naïve pour croire qu'elle était différente, mais suffisamment intelligente pour rester terre-à-terre. Il n'était pas la première personne à avoir du charme qu'elle croisait, et elle en avait croisé des gens prêt à la flatter et à lui dire tout ce qu'elle voulait entendre et tout ce qu'elle ne voulait pas entendre pour qu'elle parle de son père, de sa mère, de ses oncles et tantes et même de Susan et William. Au début, elle s'esquivait, comme on le lui avait appris. Et en grandissant, gagnant en maturité et en intelligence, elle s'était permise de glisser une ou deux phrases à double-sens qui avaient prises de plus en plus de subtilités. Quand elle hésitait sur la manière de répondre, elle éludait. Valait mieux la solution de sécurité quand il en allait de l'honneur de sa famille.

Cependant, qu'il connaisse ses notes était une bonne chose. Que ce soit réellement parce qu'il se préoccupait de tous ses élèves, parce qu'elle était une excellente élève et se distingue du lot ou parce qu'elle portait le nom des Londubat et soit la nièce du ministre était une bonne question, mais dans l'immédiat, cela ne l'intéressait pas. Tout ce qui comptait, c'était qu'elle n'avait pas besoin de plaider sa cause, il connaissait sa situation scolaire. Et pourtant, il lui sembla avoir besoin d'un temps de réflexion pour lui répondre. A moins qu'il ne s'agissait qu'un moyen de rendre plus théâtral sa réponse, ce serait bien son genre. Les gens qui s'imaginaient sur une pièce de théâtre étaient particuliers et trompeurs. Ils pouvaient paraitre facile à décrypter tant ils étaient expressifs, mais comme chez tout le monde, certaines mises en scènes n'étaient que mensonges et cachotteries, et moins faciles à détecter puisqu'ils étaient des personnages ambulants, tout n'étant qu'exagérations. Elle aurait pu croire qu'elle n'était pas à la hauteur, et elle était assez réaliste pour y songer, mais elle aurait eu dû mal à suive son analyse en partant du principe qu'elle se trompait. Sans la regarder, probablement pour garder une aura autoritaire, sereine de patriarche bienveillant, le directeur reprit après un temps de pause parfait pour ménager ses effets. Emily se retint presque de l'applaudir alors qu'elle profitait de son inattention pour balader son regard sur son bureau. Elle l'avait déjà fait pendant sa discussion avec son frère mais puisqu'il la regardait probablement dans le reflet de la vitre, autant faire quelques erreurs de débutants. Elle adorait apparaitre en position de faiblesse et tendre le bâton pour se faire battre.

D'une oreille qui pouvait paraitre distrait, Emily écouta le petit discours d'auto-satisfaction du directeur de Poudlard. Elle n'avait absolument pas changer d'avis, mais elle savait que ce genre de réponses allait pousser le directeur à poser des questions et il n'était pas question pour elle de préciser que parce que ses parents n'accordaient pas d'importance à cette matière, elle avait été dans l'impossibilité de les court-circuiter et que le seul moyen qu'elle avait trouvé était de venir le voir en personne. Impensable pour elle de charger sa famille. Elle n'aurait pas voulu pour rien au monde lui donner des armes pour atteindre ses parents. Il en avait déjà suffisamment sans avoir besoin qu'elle lui en fournisse davantage. Elle le laissa donc croire qu'elle avait brusquement changer d'avis, qu'elle était idiote, irresponsable, volatile ou qu'elle avait une raison mystérieuse. Explication la plus probable car qui la connaissait ne pouvait croire aux trois premières. Restait à deviner la raison mystérieuse. Peu importait, elle ne comptait pas l'aider à répondre à cette question.

Avait-elle oublié de signaler qu'elle avait étudier cette matière via les cours d'une amie durant les deux dernières années ou avait-il sciemment décidé d'ignorer cette partie de son argumentaire? Il lui parlait comme si elle était une élève de première année impressionnable. Une matière complexe et difficile... Toutes les matières l'étaient! L'arithmancie, c'était complexe et c'était passionnant. La métamorphose était une matière complexe et cette complexité l'attirait. Quelle matière était facile, ludique et inné? Ne venait-il pas de dire qu'il connaissait ses notes? Voir l'excellence de ces résultats ne l'avait pas mis la puce à l'oreille sur sa capacité à raisonner ou pensait-il qu'elle était d'une naïveté proche d'un sang-de-bourbe découvrant la magie pour la première fois? La jeune femme ne s'attarda cependant pas sur sa capacité à injurier leurs intelligences respectives. L'important, dans sa réponse, ce n'était pas le fait qu'il la sous-estimait tellement qu'il pensait qu'il lui faudrait 6 mois pour récupérer un retard hypothétique, mais plutôt qu'il lui offrait son feu vert pour suivre cette matière. Peu importait les conditions qu'il y mettait, elle passerait cet examen haut-la-main, c'était un oui. Dès demain matin, elle verrait probablement ces deux professeurs, si le directeur daignait leur transmettre sa demande et son feu vert, pour pouvoir organisé cet examen et suivre les cours directement dès que possible.

La question étant réglée, Emily détourna les yeux des bibliothèques qui parcouraient la pièce pour croiser son regard. Elle lui avait jeté des coups d'oeil régulièrement durant sa tirade mais pour conclure et ajouter de l'effet à sa petite mise en scène, il était obligatoire qu'il se retourne pour la regarder droit dans les yeux à la fin de sa réplique avec un regard transperçant. Même si elle n'était pas dupe de ce qu'il faisait, Emily ne pouvait pas nier qu'il était doué et que ça avait son petit effet. Mais si elle pouvait le laisser paraitre, elle ne devait pas pour autant se faire avoir. Plus facile à dire qu'à faire. D'autant plus quand le directeur passa d'un sujet scolaire à un sujet privée. Emily haussa les sourcils sous la surprise. Depuis quand le directeur était-il un fin connaisseur de la psychologie et des limites des loup-garou? La seule raison pour laquelle il avait son respect, outre sa fonction, était le fait qu'il accepte les loups-garous à Poudlard. Emily était certaine que le loup-garou aurait préféré gambadé dans la forêt et croqué quelques lapins s'il ne se faisait pas les dents sur un ou deux élèves faisant le mur à moins de tomber sur des créatures magiques moins aimables ou plus intelligentes. Mais elle comprenait que le directeur ne pouvait pas se permettre de risquer de perdre quelques élèves ou d'agrandir son troupeau de loup-garou à Poudlard pour ne pas l'enfermer dans la cabane hurlante ou la laisser faire copain-copain avec des créatures de la forêt interdite. Mais là, sa remarque... était presque désobligeante. Avait-elle l'air si fragile que cela? Un léger sourire s'esquissa sur ses lèvres. Elle était bien plus forte qu'il ne le croyait. Et s'il pensait la toucher en parlant lycanthropie puis en tenant des propos désobligeant sur son oncle, il avait tapé à côté. Emily baissa brièvement les yeux, ponctuant la pause dans son monologue mais sans y répondre.

Elle ne releva les yeux que lorsqu'il reprit la parole. Commencer à la connaitre? Au vu du monologue qu'il venait de lui servir, il en était très loin, mais il avait raison, elle choisirait ses mots avec soin. Non pas parce qu'elle tenait à faire particulièrement attention devant lui, mais parce qu'elle faisait attention devant tout le monde. C'était presque devenu naturel. Mais son opinion... Pensait-il que l'approche "je vous comprends, je compatis" et "je vous estime" pouvait vraiment la faire parler et trahir sa famille? Elle avait déjà été bien mieux flatté par le passé. Comme elle avait été bien mieux insultée. S'attaquer à son oncle pour jauger de la fidélité envers sa famille... S'il voulait vraiment connaitre son opinion, il pouvait se brosser. Mais si, comme elle le pensait, il souhaiter jauger à quel point elle ressemblait à sa famille, à quel point elle leur était fidèle... Elle ne pouvait ni être franche, ni être... franche. Il ne lui restait plus qu'à... être franche. Elle ne pouvait nier qu'elle était encore fatiguée. Elle avait théoriquement récupéré sa nuit, mais ses muscles restaient encore ankylosés comme lors de courbatures et elle avait l'impression que ses os, raisonnant encore de la douleur de la transformation, allaient se briser au moindre choc. Mais à tout cela, elle ne pouvait rien y faire. Seul le temps pourrait annuler les effets de la transformation. Demain, elle irait mieux. Et lendemain davantage. Dans deux jours, tout irait bien. Mais le paternalisme du directeur, comme si son état l'inquiétait réellement, était écœurant d'hypocrisie. Emily esquissa un sourire, illuminant son visage, atténuant les traces de fatigue sur son visage.

- Votre sollicitude me touche, mais je suis un loup-garou, pas victime de la dragoncelle. La seule différence entre moi et les autres étudiants, c'est que j'ai des courbatures programmées à l'avance et que mes deux nuits de douze heures par mois sont justifiées.

Bien sûr, il n'y avait pas que cela. Elle aurait pu ajouter l'intelligence supérieure, une maturité plus élevée, un sang plus pur que la moyenne, sa capacité à voir ce qui crevait les yeux ou son sens des responsabilités, mais elle ne souhaitait pas accabler inutilement ses camarades. Elle n'avait nul besoin de se vanter pour prouver sa supériorité. Emily, contrairement à ses parents, n'avait pas honte de sa lycanthropie. Et contrairement à sa soeur, n'en avait pas peur. Mais si jamais elle avait eu envie de partager son "fardeau" avec qui que ce soit, ce ne serait pas le directeur de Poudlard. Encore moins avec ce qu'il venait de lui. Et encore moins, si c'était possible, avec quelqu'un qui voyait cela comme un fardeau. Alors, elle préféra passer au sujet suivant.

- De quelle situation voulez-vous parler? La capacité du ministre à faire face aux dangers qui nous menace ou à la votre? Pour occuper son poste ou le votre, il faut être un grand sorcier, autrement vous ne seriez pas là... Alors j'ai bien peur que dans un cas comme dans l'autre, mon avis n'est pas la moindre importance.

Emily conclu sa réponse avec un doux sourire. Elle avait hâte savoir s'il allait prendre sa remarque pour une attaque personnelle ou s'il allait estimer que par "vous ne seriez pas là", elle visait autant lui que le ministre. De plus, soit il clarifiait ses accusations et insultait devant témoins le ministre de la magie, offrant ainsi des armes à la famille Londubat et à son oncle, ou bien, il laissait tomber. A vrai dire, Emily avait encore plus envie de voir quelle troisième possibilité il allait inventer.

   
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Remus J. Agrippa
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Mer 1 Fév - 10:18


Remus éclata d’un rire sans joie. Il commença à faire les cents pas dans son bureau, réfléchissant extrêmement vite sur divers sujets en même temps. Il avait une énergie débordante désormais et la présence d’Emily l’avait redynamisé. En faisant les cents pas derrière son bureau, il fit un léger arc de cercle avec son poignet de sa main tenant sa baguette. Aussitôt la porte de son armoire s’ouvrit à la volée et la Pensine lévita doucement pour se poser sur son bureau. Toujours en faisant les cents pas, il posa à plusieurs reprises sa baguette sur sa tempe et d’un geste simple déposa les filaments argentées dans le récipient magique. On pouvait voir alternativement Emily, le Ministre de la Magie, son frère et une femme étrangère aux yeux d’Emily. Plusieurs minutes passèrent, puis il se retourna enfin vers son invité. Un rictus se dessina alors sur son visage, et il finit par déclarer :

« L’ironie est une véritable arme lorsque l’on s’en servir avec efficacité Mademoiselle Londubat. Vous savez très bien qu’il ne suffit pas d’être un grand sorcier pour exercer la fonction de Ministre ou la mienne. Vous savez très bien que l’Histoire est parsemée de personnes incompétentes, et pas forcément doués pour la Magie à des postes importants. Si je vous demande votre avis, c’est que j’attache toujours une importance particulière aux opinions de mes usagés. Une bonne école, est une école où les élèves peuvent étudier sereinement, dans un climat idéal... »

Pensif, il arracha une nouvelle fois un souvenir. Il n’était pas stupide au point de fournir des informations capitales à Walden Nott. Il ne savait absolument pas si Emily était de son côté. Et il n’était pas en mesure de prendre ce risque, il n’était pas si crédule. Il se contenta de poursuivre ses cents pas encore quelques secondes. Puis il s’arrêta, les mains dans le dos, son regard perçant se figeant dans celui d’Emily. On aurait pu croire un drogué en manque, à bouger ainsi. Il n’avait plus la même attitude nonchalante qu’au départ.  Non. En réalité c’était de l’excitation. Malgré l’attitude plate, linéaire et placide de son interlocutrice, il arrivait à comprendre quelques brides.  Il apposa une dernière fois sa baguette sur sa tempe et renvoya la Pensine à sa place. Il s’assit dans le fauteuil directorial et déclara cette fois-ci d’un ton neutre :

« Et pour ce qui est de votre particularité, veuillez ne pas la minimiser. Je sais très bien que cela est épuisant. Sachez que je vous surveillerai cette année, car je ne désire pas qu’une préfète de Serdaigle se surmène. Si j’apprends que cela nui à votre santé mentale ou physique, de vous rajouter des heures de cours supplémentaires, je vous obligerai à arrêter et à reprendre le cours normal de votre scolarité. Tenez, également ceci. Il s’agit du compte-rendu détaillé du discours fait aux Préfets dans le Poudlard Express. Vous ne pourrez y assister puisque vous êtes ici. Il y a de nombreux détails concernant vos nouvelles rondes, qui seront un peu moins nombreuses que les années précédentes étant donné les moyens fournis par le Ministère. Il y a également quelques mises à jours sur certaines de vos missions. Par exemple, aucun abus d’autorité ne sera toléré. J’ai peur que les années précédentes, j’ai été trop laxiste sur ce sujet, et ils sembleraient que certains préfets aient abusés de leurs autorités pour contraindre d’autres élèves. Il ne faut pas oublier que vous êtes des élèves de cette école avant tout, et que vous devez servir d’exemple pour les autres. Mais je pense que vous n’aurez absolument pas besoin de cela Mademoiselle Londubat. Je doute que ce soit votre genre d’influencer d’autres personnes pour arriver à vos fins. »

Il avait insister sur la dernière phrase, sans pour autant l’accuser ouvertement. Oui il avait des doutes sur certains de ses préfets et de l’utilisation de leurs statuts. Mais il n’était pas assez idiot pour lui déclarer clairement. Après tout, c’est comme cela qu’elle lui avait fait comprendre certaines choses à lui aussi non ? Il tira d’un geste simple et précis le dit parchemin, comme si il savait exactement où il se trouvait dans ce monticule de document. Il le frappa d’un geste sec avec le sceau de Poudlard et le signa avec élégance. Sans trembler le moins du monde, il lui tendit la circulaire en souriant.

“Merci Phineas, silence.”
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Emily H. Londubat
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Ven 3 Fév - 5:10


Le début des ennuis

Avec Remus J. Agrippa

L'éclat de rire du directeur surpris Emily qui haussa les sourcils, faisant instinctivement un mouvement de recul avec sa tête. Elle n'aurait pas dû être surprise, les éclats théâtrale étaient cohérents avec la personnalité théâtrale du professeur Agrippa. Mais un sourire amusée lui succéda presque aussitôt. Le directeur aurait-il donc la tête trop remplis pour devoir se la vider avant de lui répondre? Elle ne l'aurait jamais cru. Qu'est-ce qui pouvait donc l'agiter ainsi à présent? Fallait-il donc que quelques mots pour le toucher, pour le perturber? Si peu? Avec curiosité, Emily le regarda sortir ses filaments d'argents du crâne mais détourna les yeux en le voyant amorcer un geste pour se tourner vers elle. Elle ne put voir le rictus qui balayait son visage que lorsqu'elle croisa son regard. Pas beau à voir le rictus sur son visage. Cela lui donnait l'air d'avoir avalé quelque chose de travers... ou d'être fier d'avoir fait un truc pas joli du tout. Etait-ce celui-ci son véritable masque? Derrière les gestes théâtrales, les regards intenses, l'agitation, les mimiques puériles, il y aurait ça? Cela lui donnait encore moins envie de se fier à lui.

L'ironie. Sauf erreur de sa part, elle n'en avait nullement fait usage. Alors pourquoi le directeur se montrait-il philosophe sur la question? En ce qui la concernait, elle évitait ce genre d'amusements. L'ironie était trop facile à percer à jour pour être véritablement efficace dans le monde où évoluaient ses parents. Certains s'en servaient mais ils montraient surtout de cette manière qu'ils n'étaient pas fiables aussi Emily les évitait. Il y avait bien d'autres moyens d'être subtile sans utiliser l'ironie et la jeune fille trouvait cette manière de faire aussi grossière que facile. Elle préférait les sous-entendus et les messages à double-sens. L'ironie, comme le sarcasme ou le cynisme, c'était facile et blessant et Emy n'était pas du genre à vouloir être blessante.

Son sourire tressaillit en l'entendant poursuivre. Cette naïveté... Mesurait-on donc la compétence d'un sorcier à un poste important par rapport à sa maitrise de la magie? Si c'était le cas, le professeur Agrippa aurait probablement dû être un excellent directeur... ce qui était loin d'être le cas. Mais il avait raison, être un grand sorcier, et pas forcément au sens magique du terme, n'était pas la garanti d'être compétent à un poste particulier, pas davantage que les hauts-postes avaient toujours été occupés par de grands sorciers. Il suffisait de voir Fudge, Rogue, Dippet, ou encore le successeur de Shackelbolt qui lui-même n'avait pas été particulièrement fameux. N'avait-il pas autorisé Hermione Weasley de donner des droits aux elfes de maison? Mais le fait qu'il est raison sur ce point ne le rendait pas moins hypocrite. Elle était certaine qu'il ne demandait pas son avis sur la manière dont le monde tournait à tous ses élèves. Il lui demandait son opinion simplement parce qu'elle était la nièce du ministre. Elle s'était, en quelques sortes, jetée dans la gueule du loup. Heureusement qu'elle n'avait pas approfondie ses raisons vis-à-vis de sa demande formulée que maintenant. Cela lui laissait une certaine marge de manoeuvre. Faible, mais elle existait. Ses lèvres formèrent une petite moue septique mais amusée alors qu'elle répondait d'une voix douce :

- Et je suis certaine que vous faites tout ce que vous pouvez pour y parvenir...

En vain, évidemment. Parce que si c'était sa définition d'une bonne école, elle avait bien peur que Beauxbâtons et Durmstrang frôle l'excellence à côté de Poudlard.

-... En ce qui me concerne, j'étudie le plus sereinement du monde.

Emily n'était pas du genre à s'intéresser à la politique et aux diverses brouilles qu'il y avait entre les personnalités. Tout cela n'était qu'une bataille d'égo mêlé d'idéologie et d'influence. Sa famille allait très bien, ce qui aurait une influence sur elle si elle s'inquiétait réellement pour eux, sa lycanthropie mettait un peu de piquant dans sa vie sans la perturber, elle n'avait pas de problèmes avec ses amies et pas davantage avec un hypothétique petit copain ou petite copine... Vraiment, il n'y avait nulle raison qu'elle ne puisse pas étudier sereinement, dans le cadre idéal qu'était la bibliothèque. Emily avait conscience, cependant, de ne pas avoir répondu à sa question. Mais, en toute franchise, elle ne comptait pas le faire. Malgré la protestation du directeur quant à son intérêt pour son avis, Emily n'était pas dupe. C'était son nom de famille qui rendait son avis intéressant à ses yeux, hors elle ne comptait pas se livrer sur un conflit qui ne la regardait pas. Et si ce n'était pas le cas... Et bien, elle trouvait cela assez pathétique. Soit le directeur était si seul qu'il n'avait personne d'autre à qui poser la question qu'à une élève, ce qui en disait long sur ses compétences en tant que directeur, soit il avait si peu confiance en son entourage qu'il s'en remettait à l'avis d'une mineure pour jauger de son travail et de la situation nationale... ce qui n'en disait pas moins long sur ses facultés mentales. Dans tous les cas, elle se tairait. Au mieux, son avis n'avait aucune importance et au pire, il n'aurait aucune valeur. Aucune raison, donc, de répondre.

Patiente, quoi qu'intriguée, Emily le regarda retirer un nouveau souvenir de sa mémoire, attendant de savoir ce qu'il pouvait bien lui vouloir pour ne pas la laisser prendre congé. Avait-il autre chose à lui communiquer? Une autre question à poser? Ou à reformuler, plus probablement. Il semblait vraiment très agitée et c'est les sourcils froncés comme si elle était inquiète, que la jeune femme le regarda faire les cent pas. Il était vraiment agité. On aurait dit un cinglé. Voilà qui corroboraient les affirmations de son père le concernant. S'il était aussi démunie devant une sorcière de 16 ans, comment avait-il réussit à tenir tête à des criminels? Probablement parce qu'il n'était pas aussi démunis qu'il le lui semblait. Il était fébrile mais ça ne voulait pas dire qu'il était mal à l'aise... Peut-être cherchait-il simplement ses mots... Oui, après vérification, le directeur semblait comme... comme un niffleur au milieu de pièces d'or. C'était assez déroutant, même lorsqu'il s'arrêta pour la regarder d'un air pensif, même lorsqu'il retira un dernier souvenir avant de renvoyer sa pensine à sa place originel. Son regard suivit l'objet jusqu'à sa cache avant de se reposer sur le directeur alors qu'il prenait la parole.

Emily détestait cela. Elle n'aimait pas le ton de sa voix, ni son assurance ni sa suffisance et pas davantage ce paternalisme comme s'il pouvait prétendre la comprendre. Si la jeune femme devait supporter la méfiance de sa famille, comme si elle était un monstre 24h/24, elle n'appréciait pas davantage qu'on la regarde comme si elle n'était qu'une malheureuse victime d'une épreuve bien trop lourde à porter. Mais si elle n'avait jamais signaler à ses parents que ses crocs n'apparaissaient qu'à la pleine lune et qu'elle n'était pas aussi dangereuse qu'elle le croyait, elle se garderait bien également de signaler au directeur que sa situation n'était pas aussi douloureuse qu'il le croyait. Elle détestait les gens qui prétendaient mieux savoir qu'elle qui elle était et ce qu'elle vivait, mais elle n'avait aucune envie de lui courir après pour le faire grandir. De toute manière, il y avait peu de chance qu'elle lui signale à quel point il se trompait sur sa "particularité" sans être désobligeante, il valait donc mieux qu'elle laisse couler. Le directeur croyait probablement savoir ce qu'était d'être un loup-garou, mais il se trompait. Aucun de ses livres, aucune des descriptions qu'il avait pu lire n'avaient pu lui donner plus qu'un aperçu de ce que c'était. Alors l'entendre prétendre mieux savoir qu'elle si elle était fatiguée ou non était à la fois ironiquement amusant et passablement agaçant. Un sentiment auquel elle était habituée au contact de sa famille mais qu'elle ne s'était pas attendue à ressentir face au directeur.

En plus de prétendre mieux s'y connaitre en matière de loup-garou qu'elle-même, il jugea bon de lui signaler qu'il garderait un oeil sur elle. Emily haussa les sourcils, désagréablement surprise. C'était quoi cette histoire? Il avait l'arrogance de prétendre mieux savoir qu'elle ce qu'elle vivait et pensait qu'elle avait besoin qu'on la surveille parce qu'elle était incapable de prendre soin d'elle seule? Était-ce un paternalisme trop prononcé, un traitement privilégié à cause de son nom de famille, ou de la misogynie? Si elle avait gardé la botanique et l'astronomie, elle aurait été plus chargé en matière de travail à abattre qu'en les remplaçant par l'étude des runes, alors c'était quoi cet argument qui ne tenait pas debout? Sa santé mentale ou physique? Il la prenait réellement pour une petite fille sans défense ou juste pour une idiote? Mais Emily se contenta d'une expression de surprise, quoi que légèrement dubitative. Croyait-il vraiment pouvoir l'obliger à faire quoi que ce soit? Il connaissait pourtant son lien avec son oncle. Si elle devait avoir recours au ministre de la magie pour suivre les cours qu'elle souhaitait, peu importait son avis sur sa santé, elle le ferait sans le moindre scrupule. Mais elle préférait autant l'éviter si elle le pouvait, histoire de ne pas se faire un ennemi avant d'avoir quitter les bancs de l'école.

Le directeur poursuivit en parlant du briefing que ses homologues auraient à entendre dans le Poudlard Express. Enfin quelque chose d'intéressant et de réellement digne d'intérêt! Emily commençait à désespérer que cette conversation ne soit qu'un moyen pour le directeur de la disséquer parce qu'elle était la nièce du ministre. Qu'ils retournent sur un terrain scolaire lui donnait le bref espoir qu'il allait cesser de lui chercher des noises et ne pas profiter de sa jeunesse pour lui soutirer des infos sur sa famille et se servir d'elle contre ses parents. Un bref espoir presque déçu puisque le directeur continua de l'insulter en la soupçonnant, à mot couvert, d'abuser de sa fonction. Encore une fois, il était à côté de la plaque. Emily était davantage du genre à manipuler les gens pour éviter d'user de son rôle de préfète que l'inverse. La preuve en était avec Taylor ou Susan. Elle avait été plus laxiste avec elles qu'avec les autres élèves en général. Sans compter les fois où elle avait usé de chantage pour pousser les gens à aller en cours pour éviter de les coller ou de leur retirer des points. Était-ce légal? Était-ce vraiment un abus de pouvoir? Emily ne le voyait pas comme cela. Alors, le directeur se trompait, en réalité, complètement. C'était totalement son genre d'influencer les gens pour parvenir à ses fins. Mais au vu de son discours depuis le début de leur entretien, Emy préféra éviter de lui faire le moindre commentaire dans ce sens, le suspectant de ne pas comprendre, incapable de faire la moindre nuance.

Tendant la main pour récupérer le document, Emily esquissa un sourire en coin alors qu'elle refermait ses doigts sur le parchemin signé qu'il lui tendait :

- Seulement pour inciter les élèves à aller en cours, professeur Agrippa.

La jeune fille parcourut le parchemin des yeux, lisant en diagonales les nouvelles directives, laissant le directeur interpréter sa phrase comme il le souhaitait. Sur ce coup-là, Emily jouait avec le feu et elle regretta d'avoir prononcer sa phrase à peine lâchée. Mais quand elle releva les yeux vers le directeur, son regard ne renfermait aucune lueur de doute. Elle souhaitait, au contraire, mettre les choses au clair et changer de sujet par la même occasion :

- Si vous permettez, professeur, je tiens à vous rassurer. J'ai cette "particularité" depuis suffisamment longtemps pour savoir gérer les désagréments qu'elle occasionne. De plus, je suis déjà ces cours depuis la troisième année et j'en fais également les devoirs, exception faite que j'en évalue la justesse qu'en les comparant avec les devoirs corrigées de mon amie. Et cela n'a jamais nuit à ma santé physique ou mentale. Avec deux matières en moins à suivre, il n'y a donc aucun risque que cela arrive.

Très sincèrement, Emily s'était retenue. Une retenue habituelle liée à sa lycanthropie et une retenue vis-à-vis de son paternalisme qui l'agaçait quelque peu. Elle avait, cependant, prit le parti de garder le sourire et de faire comme si elle voulait réellement rassurer le directeur, comme s'il était réellement préoccupé par son état. Elle termina sa remarque avec un sourire aimable et naturel, comme si la question était réglée, que sa réponse était évidente. A ses yeux, en tout cas, elle était évidente. Croisant ses jambes, Emily roula le parchemin entre ses doigts et attendit patiemment que le directeur lui réponde... ou lui donne congé.



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Remus J. Agrippa
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Dim 5 Fév - 15:47


Remus s'adossa à son fauteuil, gardant le silence cette fois-ci un peu plus longtemps. Son impertinence ne le dérangeait pas le moins du monde, bien au contraire, cela prouvait une certaine forme d'intelligence. Il se contenta simplement de battre une légère mesure avec ses doigts sur son bureau, et l'écouta poursuivre avec attention. Lorsqu'elle eut terminée de parler, il se massa l'arrête du nez d'un geste las et fatigué. Elle ne comprenait pas. Elle ne le comprenait pas, et visiblement ne comprenait pas la situation. Ou alors elle l'évitait volontairement. Il lui jeta un regard rapide et observa qu'elle avait croisé bras et jambes. Visiblement elle commençait à être de plus en plus contrarié. Il essayait de l'aider, de l'accompagner, mais elle n'en voulait pas. Cette jeune fille ne pouvait pas faire partie d'un meute, elle était certainement condamné à la solitude. Elle pensait qu'elle n'avait besoin de personne pour s'en sortir, et c'est justement ça qui dérangeait Remus. Il arrêta de se masser l'arrête du nez et déclara simplement :

- Si vous voulez, Mademoiselle Londubat. Nous sommes dans un pays libre après tout. Ce que j'essayais simplement de vous dire c'est que tout ne s'apprend pas dans un bouquin terne et sans vie. L’autodidaxie n'existe pas malheureusement. On se rattache toujours à ce que l'on a vu ou entendu. Surtout entendu, en fait, c'est un problème de société Occidentale, que l'on soit sorcier ou moldu, on a tendance sur ce continent à plutôt croire ce qui est lu, et le considérer comme une vérité à partir du moment où il est posé sur un papier.

Il continua de l'observer de son regard de rapace. Remus comprenait bien mieux cette élève désormais, et il savait qu'il y avait quelque chose qui l'énervait. Il ne supportait pas la façon que les sorciers de sang-pur s'adressait à leurs semblables. Il chassa cette pensée d'un geste fictif, bougeant la main de sa tête vers la fenêtre comme si il essayait de chasser une mouche invisible. Non, ce n'était pas ça. Il y avait autre chose. Il n'avait pas à se déconcentrer avec une pareil pensée futile. Il se reconcentra sur la première phrase qu'elle avait prononcé. Le directeur se redressa dans son bureau, et reprit la parole cette fois-ci avec un ton qui lui faisait bien comprendre qu'il avait entendu chaque bride de ce qu'elle avait dit, qu'il avait décortiqué, détaillé, et analysé chaque mot, chaque intonation. Aussi, lorsqu'il prit la parole, il utilisa un rythme et un ton un peu plus fort et régulier, signifiant qu'après ce qu'il aurait à dire, il n'y avait pas de réponse à avoir, que ce n'était pas négociable, ni discutable.

Et pour ce qui est de l'influence que vous exercez sur les autres, puisque je prends vos dernières paroles comme un aveux, elle doit cesser. Il n'y a pas de justice sans dommages collatéraux. Les élèves de cette école doivent apprendre à assumer leurs responsabilités, et si vous agissez ainsi, ils ne comprennent pas la source du problème. C'est la différence entre une sanction et une punition Mademoiselle Londubat.


Il n'attendait pas de réponse de sa part, il avait été très clair. Il continua de l'observer, seuls les instruments magiques qui étaient dans la pièce brisaient ce silence qui était de plus en plus pesant. Aussi il se décida à le rompre. Il poursuivit :

- Est ce que vous vouliez me voir pour autre chose? Car je doute qu'en réalité vous soyez venu que pour me parler de la mise en place de votre emploi du temps. Vous auriez pu vous référer à votre Directeur de Maison, comme je vous l'ai signaler au début de cette conversation? Alors maintenant dites moi que vaut réellement le plaisir de votre venu dans ce bureau, Emily.

“Merci Phineas, silence.”
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Emily H. Londubat
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Lun 6 Fév - 20:51

 
  Le début des ennuis

  Avec Remus J. Agrippa

   Si le directeur s'adossa au dossier de fauteuil, Emily se retint in-extrémiste de faire de même. Et décroisa ses jambes par la même occasion. Éducation oblige, on lui avait toujours appris à avoir une attitude irréprochable, mais face à la désinvolture du directeur, il était difficile de garder cette attitude droite. Il avait vraiment une aura... et son charisme poussait probablement ses interlocuteurs à se mettre aussi à l'aise que lui. Preuve en est qu'elle s'était laissée aller à croiser les jambes. Emily se redressa donc, s'attendant à ce que, obtus, le directeur poursuive dans son histoire de surveillance et de lycanthropie épuisante. Presque. Il se contenta de lui faire la morale à propos des livres et de leurs valeurs. Emily était assez partagé sur cette petite explication. D'un côté, une partie d'elle se rebellait contre cette expression de livres "sans vie", à croire que le directeur n'avait jamais lu un livre de sa vie pour être autant à côté de la plaque, et de l'autre, elle ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire amusé parce que c'est en partie ce qu'elle aurait pu lui dire pour lui faire comprendre que son avis sur les lycanthropes n'avait pas la moindre valeur à ses yeux.

Normalement, Emily aurait dû se taire. Le silence et l'humilité faisaient partie de son quotidien parentales. Elle se taisait et elle encaissait, elle savait faire et elle en avait l'habitude. Mais quelque chose dans la pièce ou quelque chose chez le professeur Agrippa... oui, quelque chose l'empêcha de se taire. Peut-être était-ce parce que l'ironie de la chose était trop délicieuse pour qu'elle résiste à l'envie d'y goûter, peut-être était-ce l'attitude théâtral qu'il avait arboré quelques minutes auparavant, sa nonchalance ou son regard qui semblait la mettre au défi... Peut-être d'où cela venait, mais cela lui fournit l'audace de répondre avec une insolence, quoi qu'avec une attitude droite et un sourire amusé sans la moindre animosité, qu'elle ne se serait pas crut capable d'avoir :

- C'est exactement la raison pour laquelle, sans votre respect, professeur Agrippa, votre avis sur ma "particularité", je vous cite, n'a pas la moindre... valeur. J'ignore ce que vous savez ou croyez savoir, ce qui est souvent la même chose, sur la lycanthropie et ses effets mais je doute que cela s'approche de la réalité, et encore moins de la mienne. Autrement, vous ne vous permettriez pas de veiller à ma santé. Sans vouloir vous manquer de respect, je vous le répète, je ne me permettrais pas.

Il s'agissait probablement des premières paroles qu'Emily prononçait avec sincérité depuis le début de l'entretien, hormis sa demande vis-à-vis de l'étude des runes, bien entendu. Une sincérité toute relative, cependant. Elle n'avait pas de désir particulier de ménager l'égo du directeur, mais elle ne voulait pas se le mettre sur le dos avant même le début de l'année, d'où la répétition du fait qu'elle ne voulait pas lui manquer de respect. De toute manière, manquer de respect aux gens n'était pas son genre, pas volontairement, en tout cas. Mépriser les gens, elle en était capable, mais en silence, de loin, elle évitait de le faire en face, à moins qu'on lui cherche des noises directement. Mais malgré la piètre opinion qu'elle avait du directeur, un homme somme toute étrange et déconnecté de certaines réalité, il n'était pas dans ses désirs de le vexer et d'écoper d'une punition, mais davantage de mettre les choses au clair. Elle n'avait pas particulièrement envie non plus de lui expliquer en quoi il était à côté de la plaque, mais elle préférait simplement qu'il ne se mêle pas de ses affaires, ça ne le regardait pas. Si elle avait besoin de quelque chose, elle s'adressait à qui de droit, mais d'ici-là, elle ne supporterait pas qu'on essaye de la protéger comme une chose fragile. Le directeur comme n'importe qui.

Il fallu une petite minute à la jeune fille pour réaliser ce qu'elle venait de faire. Et le regretter amèrement. Elle n'aurait pas dû. Elle venait bêtement et simplement d'offrir des armes au directeur, lui tendre la perche pour se faire battre, offrir sa joue à une claque. S'il souhaitait avoir un prétexte pour ne pas garder le secret sur sa lycanthropie, son insolence venait de la lui fournir. Idiote, abrutie, crétine et sotte. Comment avait-elle pu se faire avoir aussi facilement? Pourtant, elle avait fait face à des paroles bien plus agaçantes ou pesantes et avait alors baisser humblement la tête. Pourquoi en avait-elle été incapable cette fois-ci? Deux raisons à cela se présentait à elle. La première, c'était l'effet que le directeur avait sur ses interlocuteurs. Aussi intelligente qu'elle soit, elle n'avait pas su éviter tous les pièges. Inexpérience de sa part ou expérience de la sienne, ce n'étaient pas des excuses pourtant. La seconde, c'est que depuis qu'elle s'était engagée anonymement pour la cause des loups-garous, il lui était arrivé à plusieurs reprises de dire ce qu'elle pensait dans ce cadre et elle s'en était imprégné. Elle comprenait maintenant pourquoi cet été avait été encore plus difficile à supporter que les années précédentes. Et voilà pourquoi elle s'était laissé à parler.

Le directeur n'était, cependant, pas d'humeur à se laisser marcher sur les pieds comme elle le comprit quand il rebondit sur sa réponse impulsive et bonne enfant. Elle avait eu raison : incapable de comprendre la moindre nuance. A moins qu'il ne fasse exprès de ne pas comprendre. Il prit sa remarque au pied de la lettre, dans la pire interprétation qu'il pouvait en faire sous le regard médusé de la jeune fille qui n'était pas vraiment sûre de savoir quoi penser de ce qu'il disait. Avait-il eu vent du chantage qu'elle faisait lorsqu'elle était plus jeune ou lui demandait-il réellement d'exercer son rôle de préfète de manière exclusivement répressive? Laissée sans voix face à autant de bêtise... ou sa propre incompréhension, Emily n'eut pas le temps de demander des précisions. De toute manière, le ton et l'expression du directeur n'invitait pas réellement à répondre ou demander des éclaircissements.

Il enchaina par ailleurs avec des propos si étonnants que les sourcils d'Emily s'arquèrent de surprise. Pourquoi n'avait-elle pas été voir le directeur de sa maison? Et bien... Pourtant... Cela lui paraissait évident. N'avait-il jamais entendu l'expression "il vaut mieux demander à dieu qu'à ses saints"? Quel intérêt de demander une chose pareille à son directeur de maison, ou pire, au professeur de runes, si ce dernier devait en référer à son directeur de maison ou au directeur pour pouvoir lui accorder cette faveur. Elle avait tout simplement souhaiter éviter les allers-retours inutiles puisque, comme il l'avait si justement remarquée, elle était quelque peu fatiguée. S'il transmettait son aval par un petite message au directeur de sa maison et au professeur, tout serait réglé demain matin, pour la rentrée, elle n'aurait qu'à voir avec eux les détails. Alors que dans un autre sens, elle prenait le risque de perdre du temps et elle n'avait pas envie de se compliquer la vie.

La jeune fille resta quelques secondes silencieuse, stupéfaite de la conclusion à laquelle était arrivée le directeur, à mille lieux de la réalité. Il était censé être intelligent pourtant, non? Ou il le faisait exprès? Quoi que... Non, après réflexion, son raisonnement était concevable... Mais sur ce coup-là, il la surestimait. Et puis, pour quelle autre raison aurait-elle eu besoin de venir voir le directeur? Pour quelle autre raison se serait-elle allée à le déranger? Le regard d'Emily changea quelque peu. Oh non. Il croyait... Non, quand même pas... Il pensait qu'elle était venue ici pour ses parents? Pour récupérer des infos sur lui? Elle ne pouvait nier qu'elle se ferait un devoir de rapporter ce qu'elle jugeait intéressant pour eux, tout comme elle aurait probablement fait exactement ce qu'il supposait peut-être qu'elle faisait, c'est-à-dire venir en mission pour ses parents sous une fausse raison... Mais en l'occurrence, ce n'était pas le cas.

D'un geste machinal, la jeune fille passa sa langue sur ses lèvres avant d'y faire glisser ses dents avant de se décider à répondre après un moment de silence, le temps pour elle de reprendre les choses dans l'ordre :

- Pardonnez-moi mais... Le rôle d'un préfet n'est-il pas justement de servir de modèle à ses camarades? Donc de les influencer dans le bon sens? Mais vous souhaitez que... j'exerce mon rôle de manière exclusivement répressive plutôt que de les encourager à aller en cours? Je ne suis pas certaine de comprendre la logique de ce concept... Si c'est réellement ce que vous me demandez...

Il y avait mille autres aspects du rôle de préfète, mais Emily se concentra uniquement sur l'aspect "je sèche les cours". Sa remarque était vraiment étrange à ses yeux, puisqu'il lui semblait que, juste avant, il lui demandait de ne pas abuser de son rôle, pour, à présent, il lui reproché de ne pas assez sévère... Elle n'était pas certaine de savoir, exactement ce qu'il lui reprochait finalement... La jeune femme poursuivit, les sourcils légèrement froncés, mais moins que précédemment :

- J'aurais pu, en effet. Mais j'ai jugé cela inutile. Je n'ai pas souhaité prendre le risque que le directeur de ma maison ou le professeur d'étude des runes doivent en référer à leur supérieur pour m'accorder cette faveur. Il était plus simple et plus sûr de vous voir directement...

Emily avait répondu avec un mélange d'hésitation et de rapidité tant tout cela lui paraissait évident. Hésitante parce qu'elle se demandait si elle était réellement en train de prononcer ses mots, si elle était vraiment obligé d'expliquer des choses aussi évidentes. Mais rapide, parce que tout cela lui semblait secondaire.
 
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Remus J. Agrippa
Directeur de Poudlard
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Maison : Ancien Serdaigle
Métier/Année : Directeur de Poudlard
Patronus : Aigle huppard
Jeu 9 Fév - 14:27


Remus se releva et commença à faire les cents pas. Il n’écoutait qu’à moitié la jeune femme. Visiblement, sa famille avait eu raison d’elle, à force de manipulation et de légère maltraitance. Car oui, il connaissait l’histoire plus ou moins détaillée de chacun de ses élèves, glissée dans un recoin sombre de sa mémoire assez conséquente. Il s’arrêta un instant, fixant la fenêtre d’un regard profondément attristé. Elle n’avait pas compris.  Il ne voulait en aucun cas obtenir d’informations sur son oncle, il voulait simplement l’aider. L’aider à avancer. Mais son entourage avait fait plus de dégâts qu’il ne l’avait imaginé. Elle s’était forgée une carapace indestructible, à quiconque essayer de s’approcher d’elle. Ses capacités de défenses mentales en était également la preuve. Elle était tellement fixer sur ce but là, qu’il lui était impossible de fouiller dans sa mémoire sans qu’elle s’en rende compte. Visiblement, elle était bien préparée. Elle semblait armée d’un bouclier indestructible, qui empêchait tout contact avec elle, et toute tentative d’aide pour qu’elle est un peu de compagnie pour avancer serait un échec. Il observa d’un air mélancolique le parc dans l’obscurité devenue quasi-totale. Remus Agrippa fit alors quelque chose qui ne faisait que rarement : il montra un signe de faiblesse. Baissant légèrement les yeux, il soupira. Un simple soupire pouvait monter beaucoup de choses. Celui là était significatif d’un échec personnel. Remus tourna légèrement la tête puis déclara :

«Je ne parlais pas de votre lycanthropie. C’est une malédiction et un fait, que vous avez accepté depuis déjà fort longtemps. Votre pouls au niveau de votre carotide montre cependant qu’il s’accélère à chaque fois que j’aborde le sujet. Et au vu du rythme qu’impose votre coeur, la lycanthropie est un sujet qui vous tiens plus à coeur que vous n’essayez de me le faire croire. Pourtant vous êtes honnête lorsque vous parlez de votre lycanthropie à vous, car votre pupille ne se dilate pas. Ce qui nous laisse deux options, soit vous militer secrètement pour la cause des Loups Garous, soit vous avez mordu quelqu’un par accident et son sort vous inquiète. La solution numéro 2 n’est en fait pas envisageable car j’ai sur mon bureau une carte qui recense les dernières morsures de Loup-Garou dans le périmètre proche des habitations de mes élèves. Oui je me tiens informé car je tiens à eux, et vous n’avez pas remarqué le papier parce que mon bureau et son état vous dégoutte. Voilà ce que j’en pense, Mademoiselle Londubat. »

Remus tourna légèrement sur ses talons et fit face à Emily, son visage était imperturbable pourtant il était navré d’en être arrivé là.

« Quoi qu’il en soit, et même mes suppositions sont exactes, elles ne sortiront pas de ce bureau, car en réalité il est soumis à plusieurs enchantements de mon invention. Je ne peux dévoiler le secret d’un élève lorsqu’il me le confie, ou que je le découvre. Ca instaure un climat de confiance, si vous voyez ce que je veux dire. Pour ce qui est de votre rôle de préfet, je ne vous ai accusé de rien personnellement. Je pense simplement que ceux qui ne respectent pas le règlement doivent apprendre par eux même à assumer leurs responsabilités. Et pour ce qui est de l’étude des Runes, j’ai déjà donné mon accord. Mais le Professeur des Runes et le Directeur de la Maison des Serdaigles auraient pu également donné leur accord sans m’en référé. Bien, je crois que tu peux prendre congés, à moins que nous devions nous éterniser encore un peu sur quelques points, mais je doute que ce soit le cas. »


Il la regarda, impassible, et leva la main en souriant d’un sourire serein et honnête, l’invitant à prendre congés de manière poli.

“Merci Phineas, silence.”
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Emily H. Londubat
élève de Serdaigle - Préfète
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Maison : Serdaigle
Métier/Année : 6ème année
Patronus : Loup
Ven 3 Mar - 4:09

 
  Le début des ennuis

  Avec Remus J. Agrippa

   Emily couvait le directeur du regard, attendant qu'il la broie entre ses mâchoires, qu'il la rabroue, l'humilie ou la remette à sa place. Elle avait conscience que son attitude frisait l'insolence mais, à sa décharge, tout dans le personnage que jouait le directeur l'y poussait. La jeune femme n'avait pas l'habitude qu'on la materne, pas davantage qu'on lui serre la vis comme à une enfant irresponsable. Elle n'appréciait donc qu'il prétende savoir ce qu'était la lycanthropie ou savoir comment elle le vivait, et pas non plus qu'il sous-estime ses capacités scolaires ou qu'il remette en cause ses compétences en matière de préfète. Comble de l'arrogance, il essayait de lui dire comment elle devait vivre sa vie! Il avait quelque peu chercher à ce qu'elle montre les crocs. Et encore, elle s'était retenue et s'était montré le plus poli possible.

Le sorcier tourna la tête vers elle après un bref soupir qu'Emily interpréta comme de la résignation puisque ses épaules s'étaient rabaissées. Est-ce qu'au lieu de réprimandes, elle serait donc simplement renvoyé de son bureau sans autre forme de procès? Dotée d'un certain orgueil, elle ne pouvait pas dire que cette attitude méprisante était quelque peu vexante, mais elle s'abstint de tout commentaire, d'autant plus que le directeur avait reprit la parole. Evidemment qu'il ne parlait pas de la lycanthropie, elle l'avait bien compris, elle avait simplement retourné son argument concernant les livres contre lui, tout bêtement. Elle n'eut, cependant, pas l'occasion de s'attarder sur ces détails car il enchainait déjà. Les sourcils de la jeune Londubat s'arquèrent de nouveau. Il bluffait ou il avait enquêter sur elle? Elle ne pouvait pas croire décemment qu'il devinait le rythme de son coeur puisqu'elle ne le percevait pas elle-même, c'était donc qu'il avait eu ces informations autrement. Soit il tentait quelque chose dans le vague, soit il avait voilé son droit à l'anonymat. Le fait qu'il fasse de la surveillance illégale de ses élèves la poussa à croire à la deuxième hypothèse cependant.

Si Emily était stupéfaite des paroles du directeur, c'était moins parce qu'elle trouvait son attitude révoltante -et ce n'était pas peu de le dire- que parce qu'il lui offrait des informations qui pouvait le condamner sur un plateau. La surveillance des incidents liées au loup-garou était du ressort du ministère pas celui de Poudlard, et avec la disgrâce dans laquelle il se trouvait, il y avait peu de chance que tout ceci soit autorisé. Au mieux, il aurait pu essayé de se renseigner pour savoir si elle avait blessé quelqu'un... avec l'aide de son cher frère, bien entendu. Les lèvres de la jeune fille se pincèrent dans un sourire forcé et poli, comme pour se retenir de parler. Son étonnement était si grand qu'elle faillit passer à côté de ces derniers mots. Le dégoût que lui inspirait son bureau? Elle ne pouvait pas trouver que c'était un manque de professionnalisme flagrant que son bureau soit aussi peu rangé? C'était obligatoirement du dégoût? Elle, elle s'en fichait qu'il soit incapable de s'organiser, c'était pas son bureau, mais ça baissait simplement le peu de confiance et d'estime qu'elle pouvait avoir en lui, guère plus, guère moins. S'il était incapable d'éviter que son bureau ressemble à un jardin ravagé par une bande de gnomes, comment pouvait-on lui faire confiance pour gérer une école? Cela dit, le directeur semblait être une boulette de contradictions. Alors il pouvait très bien à la fois croire que la lycanthropie était en effet une malédiction, et leur laisser une salle à disposition en restant discret sur leur identité...

Bien que surprise et agacée, Emily réussit à reprendre un masque de neutralité quand le professeur Agrippa se retourna vers elle, alors que ce dernier portait le même masque d'impassibilité. Il ne pouvait pas la tromper, cependant. Il avait prononcer tout ces mots avec une pointe de regret. Le même ton que son père quand il lui expliquait, petite, pourquoi elle n'avait pas le droit de parler sa lycanthropie : une fausse patience et une légère condescendance. Le tout d'une manière expéditive, parce que, mine de rien, il avait autre chose à faire. A ce moment-là, Emily en était certaine, il la congédierait après avoir terminé son petit monologue. Elle était aussi sûre qu'il tirait une certaine auto-suffisance de ces prétendues déductions brillantes. Il n'empêchait que sur ses quatre certitudes, ce qu'il pensait avec autant d'assurance, il avait à peine la moyenne. Elle n'essayait, en effet, absolument pas de faire croire que sa lycanthropie n'était pas un sujet qu'elle dédaignait et son bureau ne la dégoûtait pas. Et encore, elle était indulgente, elle aurait pu compter son incompréhension vis-à-vis du fait qu'il est cru qu'elle est cru qu'il parlait de sa lycanthropie précédemment, sans oublier que ses prétendues déductions étaient probablement le simple résultat d'une enquête menée illégalement sur elle. Rien de très brillant dans tout cela au final. Si le directeur avait cru pouvoir l'impressionner de cette manière, il s'était trompé sur toute la ligne. Cela dit, ses manières et son indiscrétion allaient peut-être la pousser à éprouver du dégoût à son égard s'il continuait son manège.

Le directeur n'avait, cependant, pas terminé son petit discours. Visiblement, il prenait un plaisir dingue à s'écouter parler et à étaler sa science. Des sortilèges de sa propre invention? Devait-elle comprendre qu'ils étaient non-breveté et donc appliquer illégalement s'ils n'avaient pas été testé? Si Emily avait pu être tenté de lui répondre vertement, poussée par son indignation, la jeune fille décida à cette seconde de ne pas prononcer un mot. Pourquoi se mettre en danger en l'affrontant alors qu'il lui offrait les armes de sa propre déchéance? Quand son père saurait cela... Après tout, c'étaient ses propres secrets à elle -comment un sortilège pouvait déterminer ce qu'était un secret et ce qui ne l'était pas?- qui étaient soit-disant protégé, pas les siens. Et soit dit en passant, son sortilège ne la rassurait pas du tout et ne l'incitait absolument pas à lui faire confiance. Premièrement parce que tout ça pouvait très bien être un joli bobards, et deuxièmement... devoir faire confiance à quelqu'un parce qu'il était dans l'incapacité de parler à cause de la magie, ça n'inspirait pas du tout confiance. Au contraire, cela l'encourageait à davantage de défiance. Après tout, quels autres sortilèges avaient-ils pu appliquer? Et à quelles autres activités illégales s'appliquaient-ils? S'il faisait cela, Emily imaginait aisément qu'il passait outre les directives du ministre et du ministère. Si ce sorcier se croyait au-dessus des lois... comment lui faire confiance? Il jouait selon ses propres règles avec aucune autre limite que les siennes. C'était injuste et dangereux pour la communauté magique. ... Elle allait vraiment finir par croire les avis de son père sur cet homme. Et pourtant, son père n'était pas la première personne à qui elle aurait penser si elle devait se fier à quelqu'un.

La familiarité que se permettait le directeur avec son "si vous voyez ce que je veux dire" ou son tutoiement à la fin de sa tirade fit tiquer la jeune fille. Loin de lui inspirer confiance, Emily commençait sérieusement à se méfier de lui. Entre ses manières théâtrale, son regard perçant, son monologue suffisant, son attitude paternaliste, son ton condescendant... Elle ne savait plus trop sur quel pied danser. Le directeur ne jouait pas franc-jeu avec elle, elle en était persuadé et cela ne l'incitait certainement pas à le faire de son côté. Il avait essayé de fraterniser avec elle, puis de la materner, de l'insulter, de la cajoler, de la rabaisser et maintenant de... faire genre qu'il la comprenait ou je-ne-sais-quoi... Tout cela, ce n'était que des masques qu'il enfilait et retirait plus facilement qu'on change de vêtements. Elle ne savait toujours pas qui était le vrai directeur dans tout cela et ce qu'il voulait vraiment d'elle. Sa défiance était peut-être dicter par son père au début de la conversation, mais c'était sa curiosité qui avait dominée, intriguée qu'elle était de savoir à quel point la réalité pouvait être proche ou loin que celle que son père lui avait décrite. Mais à présent, même si elle n'était guère plus avancé sur qui elle était, elle était sûre d'une chose : il pouvait être qui il voulait et avoir fait n'importe quoi. Capable de tout si cela servait ses intérêts, sans aucun doute. Même s'il cachait surement cela derrière le masque d'un intérêt supérieur et probablement altruiste. Flippant comme sorcier.

Aussi, quand le directeur l'invita à prendre congé, Emily, sans piper mot, esquissa un sourire de remerciement en se levant, gardant pour elle son avis quant à l'étude des runes ou son poste de préfète. Un malentendu, sans doute... bien sûr... Se levant, prête à s'en aller sagement, s'inclina légèrement et ouvrit la bouche pour le remercier de l'avoir reçu et lui souhaiter une bonne nuit mais son regard se posa sur la boite de dragée surprise ouverte, posée au milieu du bazar que le directeur avait l'audace d'appeler "son bureau", et un éclat malicieux traversa son regard. Elle referma la bouche et s'avança, se penchant légèrement pour en prendre un... un rouge. Contournant son siège, à l'opposé du directeur, elle croisa son regard avec un sourire qui n'avait rien d'insolent tout en continuant de marcher :

- Vous devriez essayer les rouges. Bien sûr, le piment est fort et je ne suis pas fan du choux rouge, mais outre que la cerise n'est pas si mauvais, on évite surtout le goût poubelle, le vomi et la morve. Parfois, on tombe même sur le goût sang. Allez savoir pourquoi, ce sont mes préférés.

Ce sorcier était vraiment dangereux. Elle n'avait pas l'habitude de se laisser à ce genre de bravade, ce n'était pas son genre, mais le directeur poussait au défi, à se défendre, à parler, à faire preuve d'audace. Emily avait réussit à garder ses pensées pour elle, laissant tomber la possibilité de donner son point de vue, de lui apprendre ce qu'était vraiment être un loup-garou, mais elle avait du prendre sur elle pour cela. Plus que d'habitude. Mais quand elle avait vu le paquet de dragées surprises... ça n'avait rien eu de réfléchis son attitude, c'était de la pure improvisation, elle n'avait pas eu le temps de se raisonner elle-même. Après tout, quel était l'intérêt d'éviter les bravades justifiées quand elle jouait les insolentes de manière infantile juste après? Mais cela, Emily ne s'en rendrait compte que lorsqu'elle aurait quitter son bureau, plus loin dans les couloirs. En attendant, elle se contenta d'atteindre la porte, satisfaite de sa phrase à double-sens, souhaitant une bonne nuit au directeur avant de fermer la porte de derrière elle, sans se rendre compte qu'il avait pu prendre sa réflexion comme une menace.
 
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